Dès mardi nous avons donc mis cap sur Moron, qu’est une petite ville un peu perdue sur la côte Nord. Comme dit le guide - oui, celui qui a toujours raison (surtout quand entre les lignes il dit que les français râlent un peu trop souvent … hihihi) - Moron est une bonne base pour aller au Cayo Coco (petites îles) sans payer les prix des cayos… Nous payons chez une charmante dame Gina, 50 CUC pour 2 nuits (disons un peu plus de 35€) là où les prix affichés dans les énormes resorts de l’île ne commencent qu’à 300cuc la nuit! Bref, après une nuit chez Gina et un délicieux pescado préparé par sa douce tante, nous prenons l’auto pour rejoindre le Cayo Guillermo, le petit frêre du cayo coco.
Pour encourager les hommes qui ont construit les routes, Fidel aurait dit qu’ici, il fallait jeter des pierres, sans s‘arrêter. Et Pierre, fils de drageuer, était bien passioné par ses routes qui relient la terre et les îles, fendant en deux la mer…
Jeudi nous avons principalement fait la route, de Moron à Remedios d‘abord, pour y manger un sandwich et faire le tour de l’église, puis à Santa Clara, lieu clé dans l’histoire de la révolution, puisqu’ici le Che et ses gars ont fait déraillé un train blindin transportant du matériel militair de l‘ennemi, et que ce charmant Argentin a reçu dans cette ville un de ces mémorials de bonne taille, ainsi qu‘un musée. On allait l’oublier, c’est aussi ici qu’il est enterré depuis qu’ils ont rapatrié son corps de la Bolivia en 97.Le soir, tout a dégénéré… Nous comptions aller manger ’dehors’ et non dans la maison comme on avait fait les derniers jours, vu que les hôtes proposent bien souvent de vrais festins à prix raisonnables (mais quantité un peu moins … c’est énorme!) Donc on se préparait à aller manger à un resto tout près, mais vu qu’il était un peu tôt, on s’est installé au bar. Apparemment prévu plutôt pour cubains, à en voir le nombre de gens qui cherchaient à rester dignement en équilibre, pendant au bar, et jugeant aussi des différents serveurs qui sont venus nous proposer d’aller se mettre dans le patio plutôt … Bref, nous ne semblions pas faire comme tout le monde, et on nous le faisait sentir. Après quelques longues minutes d’observation nous avons compris: qu’en commandant un mojito on s’était trahi - les cubains eux prenaient un rhum pure, et de moyenne qualité, qu’ils payaient en moneda nacional, et pas en CUC comme ce qui est le cas pour beaucoup de choses. A savoir: 1 cuc, sont environs 25 pesos. Pour la petite histoire: le mojito se paye 3 cuc, la dose de rhum 5 pesos … Vous comprenez mtnt pourquoi on se sent un peu ‘eus’ après 2 semaines ici? Le chemin touristique en est un en CUC, et le quotidien cubain, en moneda nacional, est bien difficile à toucher.
Soit, de nous voir prendre le rhum cubain, a rendu plus bavardes nos deux voisines, jeunes cubaines. Et c’est la que la soirée commence . Nous commençons à papoter ce qui s’avère très intéressant car elles sont toutes les deux des artistes cubaines ‘reconnues’, l’une dans le periodismo, l’autre écrivaine et dans le graphisme. On échange différents sujets très intéressants, on épuise le stock de rhum, on passe à la liqueur, le resto se ferme, et on fini au ‘rapido’, chaine de fast food cubaine, où pierre et moi mangeons des bocaditos de jamón y queso. Sur les tables pas de coca, mais à chacun sa bouteille de rhum. Pour ne pas faire ‘tache’ on fait de même ;-)
Passé minuit (ce qui est SUPER tard pour nous) nous rentrons chez nous et les deux filles chez elles. Quand on reviendra à Santiago elles nous montreront leur pays à leur façon, en moneda nacional, et avec un guide qu‘elles auront écrit, et qui aura encore plus raison que le Routard!
Et c’est avec ses bons souvenirs et quelques éclaircissements, que nous sommes maintenant à l’aéroport prêts à rejoindre Cathje à Cancun! Un étrange sentiment d’aller vers la liberté, la consommation, les magasins aux étalages remplis… Et nous espérons que cet envol puisse un jour aussi être possible pour tous les gens qu’on a rencontrés, qu’ils puissent poser leurs regards au-delà des frontières de leur pays, qu’ils puissent réaliser tous leurs rêves, car ils en débordent!
Une ou deux nuits … C’en sont finalement devenu 3. Trois nuits à Trinidad, tout d’abord parce que nous avons décidé de ne pas aller jusqu’à Santiago de Cuba, qui se trouve à bien 10h de route d’ici, et qui nous éloigne d’avantage de la Havane, où nous devons rendre l’auto vendredi midi avant de nous envoler pour Cathje-City, aka Cancun! Cela nous donne un peu plus d’espace maintenant, et puis le prétexte de revenir peut-être un jour à Cuba ;-)
Trois nuits aussi, parce que Trinidad nous offrait beaucoup: une superbe petite ville au centre calme, maisons colorées, et quelques plaisirs tout particuliers: les soirées sur les marches de la Casa de la Musica, où sous le regard attentif du ciel étoilé, Cubains et touristes exercent leurs pas de danse sur des musiques enivrantes (ou était-ce le rhum?) Une ambiance joviale, détendue… où la musique et la danse règnent jour et nuit.
Le plaisir aussi d’être dans une très belle maison particulière (casa Muñoz) où nous avons rencontré deux anglais fort sympathiques. Le proprio d’ailleurs est photographe, même s’il n’est pas en possibilité bien évidemment de pratiquer ce métier professionnellement. Le couple d’anglais eux, était notre agréable compagnie pendant 2 soirs et un bout d’après-midi à la plage, où notre courageuse Hyundai nous a conduit.


Ce matin nous avons laisse derriere nous Vinales, petit bled perdu, mais redecouvert par les touristes natures a l ouest de ile. Vinales a comme particularite ses mogotes, formatations gigantesques kartisques que l on ne trouve que dans 3 pays du monde, la chine, la thailande, et Cuba ! Il y reigne une atmosphere bien particuliere. Surtout au matin quand une brume ne devoile que petit a petit la beaute du paysage...

Nous logeons dans une casa particular, système légalisé depuis une bonne dizaine d'année, qui permet aux habitants d'ouvrir quelques chambres chez eux. Plus abordable que les quelques grands hôtels, cela nous permet surtout de se sentir chez nous. Petit regret: la famille ne partage pas grand chose, ni repas, ni beaucoup de conversations...
Un vieux quartier, une superbe promenade le long de l'eau, un beau cimetière (Le Routard a dit – et il a toujours raison – qu'il formait avec celui de Paris et de Buenos Aires le top 3 des cimetières dans le monde), beaucoup de présence policière, pas trop de trafic, et toujours, toujours ,... de la musique!
Peut être qu'au bout de leur regard fixé au loin, les gens sur la digue ont un même rêves ...
